Trois directeurs de musées racontent comment ils vivent en période de pandémie

... et sont porteurs d’un message d'espoir.

06 novembre 2020

Melanie Coisne
© SD - Melanie Coisne, TAMAT

La situation est difficile, mais c’était absolument nécessaire. Tel est le message de la plupart des musées belges, malgré la pilule de cette nouvelle fermeture, toujours aussi difficile à avaler que la première. Nous devons à présent mettre tout en œuvre pour pouvoir recommencer dans le futur avec une énergie intacte. Nous nous sommes entretenus avec trois directeurs de musée pour savoir comment ils vivent ce nouveau défi qui frappe leur institution.

Melanie Coisne, directrice du TAMAT à Tournai : « Nous avons besoin de patience et de courage ».

« Je dois vous avouer que j’ai ressenti un certain soulagement lorsqu’on a annoncé la fermeture. Cela marquait la fin d’une période d’incertitude et de doute, un yo-yo qui nous a tous épuisés. De plus, nous avions également un problème de solidarité avec les musées bruxellois. Il était temps de prendre ses responsabilités, au moins maintenant nous avons un cadre.

Sur le plan économique, tout cela n’est pas simple, mais je suis très satisfaite de la flexibilité dont fait preuve notre personnel : sans exception, toute l’équipe a accepté d’assumer temporairement d’autres missions au sein du musée, afin que chacun puisse continuer à travailler. L’atelier de restauration et les services techniques pouvaient de toute façon rester opérationnels, mais les personnes de l’accueil par exemple ont été temporairement affectées à d’autres tâches.

Le plus difficile pour nous est de reconnaître que notre collection n’existe vraiment que lorsque nos visiteurs peuvent la voir. Et qu’à l'inverse, cela fait du bien à notre public d’être touché et ému par l’art ... et que ce n’est malheureusement pas possible actuellement. Nous avons donc besoin de faire preuve de patience et de courage, et nous attendons avec enthousiasme le moment où nous pourrons nous revoir. C’est ce qui me permet d’envisager l’avenir de manière positive, oui. »

Isabelle Debekker, directrice du Centre belge de la Bande dessinée à Bruxelles : « Nous attendons la réouverture avec impatience ».

Daniel Fouss
© Daniel Fouss

« En fait, travailler dans un musée devient de plus en plus rock ‘n roll... (soupirs). Cette deuxième fermeture est difficile à vivre car, lors de la réouverture, nous avions mis tout notre cœur et notre âme dans trois superbes expositions. Nous avons été bouleversés de voir à quel point les visiteurs du musée étaient revenus dans nos salles avec enthousiasme. Mais bon, nous comprenons bien qu’on ne pouvait laisser la situation se dégrader sans réagir.

La grande question qui se pose à nous maintenant est de savoir comment nous pouvons rester en contact avec notre public. Nous avons déjà essayé durant le premier confinement, mais cela s’est avéré extrêmement énergivore. Je pense que nous préférons consacrer toute notre attention à l’exposition que nous préparons pour la réouverture. Son thème : des jeunes auteurs de bandes dessinées, tous très talentueux, qui travaillent à la frontière des arts visuels.

Nous attendons cet événement avec impatience, bien qu’il soit évidemment difficile de savoir quand nous pourrons rouvrir. D’ici là, les passionnés de musées qui veulent nous soutenir peuvent toujours s’abonner, mais nous sommes bien sûr ravis de recevoir un message d’encouragement – sans blague, c’est super gratifiant. Nous savons que le public pense à nous, tout comme lui aussi occupe nos pensées. »

Peter Bary, directeur du M à Leuven : « Garder tout le monde à bord »

SD
© SD

« Je dois admettre que j’ai quand même été surpris par cette décision, malgré les signaux qui étaient là. Nous avons un jour de fermeture assez atypique, le mercredi, donc nous n’avons tout simplement plus rouvert – une expérience étrange. D’autant plus que la fermeture d’un musée demande beaucoup de travail : nous passons encore des journées entières à reprogrammer les activités et à échanger des billets.

Mais nous ne nous laissons pas abattre. La première fermeture nous a appris l’importance de la numérisation, et nous allons mettre à la disposition du public le matériel que nous avions créé autour de la grande exposition solo de Thomas Demand, qui venait d’ouvrir. Même chose pour notre exposition consacrée à l’artiste vidéo américaine Ericka Beckman. Tout en sachant bien que cela ne résout pas tout, car l’expérience de l’art vivant reste quelque chose d’unique …

Ici, en interne, nous cherchons à garder tout le monde à bord. Certains employés du musée pourront peut-être se voir confier d’autres tâches que celles qui leur sont normalement assignées. Comme tout musée, le M a toujours des missions que nous mettons temporairement au frigo. Un réfrigérateur que nous pouvons dès lors ouvrir. Par ailleurs, nous sommes également en discussion avec la ville pour voir si nous pouvons aider à répondre à certains besoins urgents.

L’hiver arrive. Nous traversons incontestablement une période de tristesse, mais je suis sûr que nous devons nous tirer mutuellement vers le haut pour sortir de cet hiver. Une fois que nous aurons maîtrisé le virus, s’en suivra une période d’optimisme culturel et moral, une véritable renaissance, je veux vraiment y croire. En attendant, l’art peut sans doute apporter un réconfort sur le plan individuel : replongez-vous dans votre bibliothèque, reprenez ces gros catalogues que vous aviez achetés et que vous n’avez jamais vraiment lus ... En tout cas, c’est ce que moi je vais faire. »

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