Le HEY Museum est un musée situé sur la côte, consacré à l'histoire et à l'avenir de Knokke-Heist. Derrière ce musée se cache une petite équipe de seulement neuf personnes, et pourtant, le HEY a remporté le prix "Chef d'œuvre de l'année 2025 ". Mais comment un petit musée parvient-il à avoir un tel impact ?
Thomas Hoeberigs, coordinateur du patrimoine, et Thomas De Groote, responsable du service bibliothèque, patrimoine et archives de la commune de Knokke-Heist et du musée HEY, nous en disent plus à ce sujet.
L'équipe du musée HEY se compose de deux responsables, d'un technicien, de cinq employés administratifs et d'un collaborateur administratif.
Selon Thomas Hoeberigs et Thomas De Groote, les collaborateurs du musée sont de véritables touche-à-tout. Ainsi, chaque collègue assume différentes tâches. L’un d’entre eux, par exemple, excelle davantage sur Facebook, et c’est donc lui qui s’occupe principalement de ce réseau social. Chacun a donc sa spécialité, mais les tâches sont encore largement partagées .
Le public cible du musée HEY se compose de promeneurs, d’habitants de la région, de propriétaires de résidences secondaires et de touristes estivaux. Pour toucher ces différents publics, HEY mise sur des outils de communication classiques, tels que les publicités (sur papier), les réseaux sociaux et le site internet. Mais cela ne suffit pas.
HEY est confronté à deux défis. D'une part, les habitants de la région reviennent peu pour les expositions temporaires. D'autre part, les possibilités d'innover dans un musée sont limitées. Il est donc important de se renouveler constamment pour se démarquer. Thomas Hoeberigs et Thomas De Groote partagent cinq conseils :
Un public local nécessite une communication locale. Ainsi, un collaborateur est allé distribuer des flyers du musée dans les campings situés à proximité de HEY.
Saisissez toutes les occasions offertes par les journées thématiques. Vous bénéficiez ainsi d'une dynamique de communication plus large. Pensez par exemple à la Journée du patrimoine. Knokke-Heist accueille également de nombreux événements très médiatisés, comme le Festival des feux d’artifice. Le HEY Museum profite lui aussi de cette visibilité.
HEY mise sur des visites guidées à pied ou à vélo. Pourquoi ? Parce que c’est ce que les gens recherchent. Un musée peut parfaitement s'intégrer dans ce type d'expérience.
HEY est resté fermé pendant une longue période. Lors de sa réouverture, l'équipe a su capitaliser sur la curiosité du public. Avant l’ouverture, les membres de l’équipe étaient présents lors de fêtes de quartier, ont fait imprimer des sacs à pain et des sous-verres, et ont mené des campagnes sur les réseaux sociaux…
À Knokke-Heist aussi, la précarité existe ; tout n’y est pas « haut de gamme ». L’entrée est gratuite pour les habitants de Knokke-Heist. Les autres visiteurs paient 10 €, tandis que les jeunes, les groupes et les détenteurs d’une carte EDC bénéficient d'un tarif réduit de 5 €. Le musée a volontairement opté pour une grille tarifaire simple, avec un nombre limité de tarifs.
“Ce n’est pas un seul type de communication qui fonctionne, mais une approche globale”, explique Thomas Hoeberigs.
“25 % de nos visiteurs possèdent un pass musées. Sans ce pass et sans les réseaux qui dépassent l'échelle locale, notre visibilité serait encore plus limitée “, explique Thoma Hoeberigs.
Thoma De Groote souligne également l’importance du réseau de musées. Le Belle Epoque Centrum et le Peiremuzee, notamment, sont situés à proximité de HEY et acceptent eux aussi le pass musées. “ Grâce aux tableaux de bord de museumPASSmusées , nous constatons que nos visiteurs profitent souvent de leur venue pour découvrir d’autres musées du quartier le même jour. “
L’équipe de HEY souhaitait raviver la fierté des habitants de Knokke-Heist pour leur histoire et leur ville. C'est dans cette optique que le musée a participé au concours “ Chef d’Oeuvre de l’année “ organisé par museumPASSmusées. “Nous avons choisi de présenter la “Sirène en bois de saule”. C’était un choix logique, car la sirène est un symbole que l'on retrouve à plusieurs x endroits de Knokke-Heist », explique Thomas De Groote. Au départ, la candidature n'a pas suscité beaucoup de votes. Puis tout a changé.
“ Notre collègue Nathalie s’est investie sans compter. Elle est active dans de nombreuses associations de Knokke-Heist et a mobilisé tout son réseau pour faire voter en faveur de la sirène. Très vite, la nouvelle s’est répandue dans toute la commune. Il y avait aussi une petite rivalité avec le musée communal d’Alost. Nos deux villes sont très attachées à leur carnaval et, lorsque nous avons vu qu’ils participaient également au concours, nous avons voulu gagner à tout prix. Peu à peu, nous avons senti renaître chez les habitants ce lien avec Knokke-Heist qui nous avait tant manqué. “
Lorsque la victoire du musée a été annoncée, HEY a organisé une fête de remerciement. On a même confectionné une épinglettede carnaval à l’effigie dela sirène . Le concours a-t-il eu un effet direct sur la fréquentation du musée ? Malheureusement non. Mais cela n'a rien d'une déception pour Thomas Hoeberigs et Thomas De Groote. “ Nous y voyons surtout un nouveau départ. Le musée est revenu dans l’esprit des habitants de Knokke-Heist, le lien avec la ville est rétabli et cette visibilité nous ouvre également des portes auprès des responsables politiques. “