Une session breakout avec Emmanuelle Verhagen
Comment un musée situé en dehors d’un centre-ville peut-il attirer un public plus jeune ? Comment accompagner des collaborateurs expérimentés qui restent attachés à leurs habitudes de travail ? Et avec quels partenaires collaborer pour toucher de nouveaux publics ? Autant de questions abordées lors d’une récente session breakout organisée dans le cadre de museumCONNECTmusées, animée par Emmanuelle Verhagen.
Les participants ont partagé leurs expériences, échangé des conseils, posé des questions parfois critiques et se sont encouragés mutuellement. La principale leçon de cette rencontre ? Toute transformation durable commence par un dialogue de qualité.
Emmanuelle est une Présidente de conseil d'administration et une stratège expérimentée. Titulaire d'un MBA et forte d'une expérience au sein de Guberna, elle accompagne les organisations dans le cadre de transformations culturelles et structurelles complexes. En tant que Présidente et Directrice de la Charte belge de la diversité, elle conseille les CEO et des conseils d'administration sur les enjeux de diversité, d'inclusion et, plus largement, de développement durable.
Emmanuelle Verhagen“ Réfléchissez activement à qui sont vos parties prenantes : lesquelles connaissez-vous déjà ? Lesquelles connaissez-vous moins ? Et surtout, quelles sont leurs attentes et leurs besoins ? “
Un musée situé en dehors du centre-ville attire forcément moins de visiteurs de passage. Pour répondre à ce défi, l’un des musées participants a mis en place une navette circulant deux fois par semaine entre la ville et le musée. Une initiative ambitieuse, dont les résultats feront l’objet d’une évaluation approfondie dans les prochains mois.
Cette navette n'était qu'un exemple parmi d'autres des solutions imaginées pour lever les freins à la visite. Les échanges ont également mis en évidence le rôle essentiel des partenariats pour atteindre de nouveaux publics. Les CPAS, les travailleurs sociaux, les associations de quartier ou encore les organisations actives dans le secteur social sont autant de relais précieux Un bel exemple a été partagé avec le groupe : à l’occasion d’une exposition, des intermédiaires issus des secteurs des soins, de l’aide sociale, des associations de quartier et de diverses communautés ont été invités à des avant-premières et à une visite guidée. Au-delà de la présentation de l’exposition, ils ont reçu des informations concrètes sur la billetterie et les dispositifs tarifaires, comme la UiTpas, en expliquant qui peut en bénéficier et comment en faire la demande. De cette manière, ces organisations peuvent mieux informer et accompagner plus efficacement leurs publics vers le musée.
Ce qui paraît évident pour les professionnels des musées ne l'est pas forcément pour les visiteurs.
Les bénévoles et les écoles constituent également des parties prenantes essentielles. Les musées peuvent offrir un cadre sûr et accessible pour aborder des sujets de société parfois sensibles. Une opportunité riche de potentiel, à condition d’anticiper et de faciliter le travail des enseignants. Une bonne préparation permet aux enseignants d’intégrer plus facilement la visite dans leur programme pédagogique. Les enseignants planifient leurs cours longtemps à l’avance ; l’offre pour l’automne doit idéalement être communiquée avant les vacances d’été.
Concernant les bénévoles, les conseils étaient sans équivoque : mobilisez-les en permanence et attribuez-leur un rôle précis. Si vous ne leur donnez pas assez à faire, ils finiront par se désengager. Mieux vaut un noyau restreint de bénévoles très engagés qu’un grand groupe dont la participation reste occasionnelle.
Les grands défis ne se situent pas seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur des murs du musée. Comment accompagner des collaborateurs qui travaillent depuis des années selon les mêmes méthodes, tandis que de nouveaux collègues cherchent encore leur place au sein de l’équipe ?
Pour Emmanuelle Verhagen, tout commence par le dialogue. Prenez le temps d’apprendre à vraiment connaître vos collègues et découvrez ce qui les motive. Une question aussi simple que " À quel moment avez-vous le sentiment de réussir dans votre travail ? " peut déjà en révéler beaucoup sur les attentes, les ambitions et les façons de travailler de chacun. Une vision commune, associée à quelques valeurs fondamentales, est un levier important. Mais celles-ci ne doivent pas rester de simples déclarations d’intention; traduisez-les en comportements concrets. Cela suppose d’impliquer l’ensemble des collaborateurs et de maintenir un dialogue permanent afin d’éviter une logique de " nous contre eux ".
Enfin, le changement lui-même gagnerait à être présenté de manière plus légère. Plutôt que d’imposer une nouvelle méthode, mieux vaut la proposer comme une expérimentation : on teste, on évalue ensemble, puis on ajuste si nécessaire. Cette approche crée un climat de confiance dans lequel chacun se sent plus à l’aise pour évoluer.
Au terme de ces 45 minutes d’échanges, une conviction s'impose : les meilleures solutions naissent rarement toutes seules. En partageant leurs expériences, en osant poser des questions et en réunissant différents points de vue, les musées ont beaucoup à apprendre les uns des autres. Pour conclure, Emmanuelle Verhagen a rappelé deux recommandations très concrètes : formulez vos objectifs selon la méthode SMART et rendre visibles les petites victoires… sans oublier de les célébrer.