L’art en guise de thérapie

Pourquoi les musées contribuent à notre bien-être

15 octobre 2026

On se sent mieux quand on crée. C’est notamment tout le principe de certaines thérapies créatives, où l’art devient une manière d’exprimer ce que les mots peinent à dire. Des lieux comme l’Art et marges musée et le Musée Dr. Guislain en témoignent. Mais il n’est pas forcément nécessaire de créer soi-même : contempler des œuvres et fréquenter les musées a également des effets bénéfiques.

Lors d’une étude britannique, des participants ont d’abord observé des reproductions d’œuvres dans un centre de recherche. Puis les originaux dans un musée. Face aux œuvres originales, certains marqueurs liés notamment au stress, à l’anxiété, à la dépression, aux maladies cardiovasculaires et au diabète ont diminué chez les participants. Phénomène étonnant, non ? Comment une visite au musée peut-elle expliquer ces effets bénéfiques ?

1) Vous n’avez rien à prouver

Les chercheurs qualifient parfois les musées de « troisième lieu » : un endroit qui n’est ni la maison, ni le travail, ni l’école. Comme dans un parc, une bibliothèque ou un café, on y partage un espace avec d’autres sans devoir répondre à des attentes. Ailleurs, vous êtes un patient, un patron ou celui ou celle sur qui tout le monde compte. Qui sait. Au musée, on laisse les rôles et hiérarchies au vestiaire. Au musée, vous êtes libre de choisir ce qui mérite votre attention. Vous avancez à votre rythme. Vous vous attardez sur certaines œuvres. Ou pas. Et surtout, aucun examen ne vous attend à la sortie.

2) Vous laissez le quotidien à la porte

Le musée offre une parenthèse qui permet de prendre ses distances avec le bruit et l’agitation du quotidien. Vous entrez dans une autre réalité. Direction la Rome antique au Musée gallo-romain, des cultures différentes à l’AfricaMuseum de Tervuren ou encore l’histoire industrielle et minière au Bois du Cazier, à Marcinelle.

3) Les sollicitations y sont moins nombreuses

Au musée, le calme, l’espace et la lumière créent un autre rythme. On y marche plus lentement, on prend le temps de regarder et de laisser vagabonder ses pensées. Ou de dire simplement « j’aime » sans qu’un écran vous demande de cliquer.

  • Conseil : choisissez une œuvre et restez un moment

    Observer une œuvre longuement peut devenir une expérience presque méditative. Essayez : vous pourriez être surpris·e par le calme qui vous envahit. Attardez-vous sur les Iconotextures hypnotiques du Musée Old Masters, le très dense Portement de croix du Tre.Ma, une œuvre abstraite du Musée Middelheim ou simplement une œuvre qui éveille quelque chose en vous. Le plus important : ne partez pas trop vite. Accordez-lui au moins cinq minutes. Changez de point de vue. Observez les détails et laissez vos pensées faire le reste.

  • Conseil : offrez-vous une visite plus sereine

    De nombreux musées tiennent compte des personnes sensibles à la surstimulation. Certains mettent à disposition à l’accueil des accessoires comme un fidget spinner, des lunettes teintées ou un casque. Comme à La Maison d’Alijn. D’autres organisent aussi des plages horaires à faible stimulation: moins de visiteurs, moins de lumière et moins de bruit. C’est le cas au Musée Archéologique d’Arlon.

4) Vous y voyez plus clair

Une œuvre abstraite vous remue, un visage peint ou photographié vous touche. L’art peut parfois exprimer ce que les mots peinent à formuler. Il peut susciter un sentiment de connexion, apporter du réconfort ou permettre de sortir un instant de ses propres pensées. Les scientifiques parlent notamment du musée comme d’un espace « transitionnel » : un lieu qui peut aider à franchir une étape et à donner une place à ce qui nous préoccupe. Une œuvre provoque une association, un déclic ou une nouvelle manière de voir les choses. Sans qu’il soit nécessaire d’en parler.

5) On n’y reste pas assis

Le mouvement est bénéfique au bien-être mental. Et les grandes collections permettent facilement d’accumuler les kilomètres : dans certains musées, 10 000 pas passent presque inaperçus. Une promenade dans un parc de musée ou au travers des vastes collections du Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire, du Musée en plein air Bokrijk ou du Musée des Beaux-Arts de Tournai offre un vrai parcours de santé.

Tous ces atouts peuvent aider le corps à se détendre. On ralentit, on respire plus profondément et on laisse un peu de place à autre chose. Alors, pourquoi ne pas s’offrir de temps à autre une petite pause au musée ? Même sans prévoir une longue visite : simplement entrer, s’asseoir quelques instants, respirer et regarder. Avec le pass musées, vous pouvez le faire aussi souvent que vous en avez envie. Pour un quart d’heure. Pour une demi-heure.