Behind the Scenes : Quentin, guide au musée Wellington

Quentin Debbaudt travaille depuis le 15 septembre 2017 comme guide au musée Wellington de Waterloo. Comme historien de l’art, il guide également pour d'autres institutions à Bruxelles, en Wallonie et en France.

03 decembre 2018

© Musée Wellington
© © Musée Wellington

Le bâtiment qui abrite le musée Wellington a été construit en 1705. C’était une auberge avant de devenir en 1815, le quartier général britannique.

Le premier comte de Wellington, Arthur Wellesley, y a passé la nuit de la veille de la bataille et la nuit suivant la bataille. C’est Wellington qui a battu Napoléon Ier pendant la bataille de Waterloo. Depuis 1955, on peut apprendre davantage sur cette bataille et son contexte au musée Wellington.

Que faites-vous précisément ?

Outre les visites guidées, je fais aussi de la recherche sur le contexte historique des objets et je forme également d’autres guides car il est important que tous les guides maîtrisent le sujet à chaque nouvelle expo.

Par ailleurs, je m’occupe de l’accueil pendant le weekend ainsi que des réseaux sociaux et de la communication avec la presse.

Que préférez-vous faire le plus ?

J’aime énormément mener des visites guidées car je me trouve dans un musée avec une collection très intéressante et surtout à destination d’un public de jeunes. Nous essayons de leur transmettre l’Histoire de façon vivante, passionnante et dynamique.

C’est ainsi que nous proposons des visites en costume d'époque, pendant lesquelles les guides portent un uniforme mais aussi à destination d'entreprises en comparant les stratégies d'hier avec le marketing, GRH,… d'aujourd'hui.

Musée Wellington – costumes d'époque.
© Musée Wellington – costumes d'époque.

Y a-t-il des visiteurs que vous n'oublierez jamais ?

(il réfléchit) Il y a eu un jour des visiteurs qui sont tombés malades, on ne peut pas les oublier si vite.

Quelles questions vous pose-t-on le plus souvent ?

Des questions sur le champ de bataille et sur le Lion de Waterloo, on me demande comment arriver au Mémorial, ou se restaurer, des conseils sur les autres attractions. Il y a des touristes qui pensent que la gare de Waterloo se trouve à proximité du Lion alors qu’il se trouve à cinq kilomètres de là.

Une autre question que nous pose surtout les visiteurs anglais: pourquoi la Belgique parle tant de Napoléon alors que ce dernier a perdu la bataille de Waterloo et qu’il est Français ? Ce à quoi je réponds que Bonaparte n’était pas que français puisqu'originaire de Corse, en fait c'est son ascension sociale qui fascine aujourd'hui. Il est, en d'autres termes, le symbole international du self-made man. Ce qui a inspiré nombre d'entrepreneurs économiques, sociaux ou politiques. Ce n’est donc pas un hasard s’il reste une figure populaire, y compris à Waterloo, malgré sa défaite.

Musée Wellington – la bataille de Waterloo.
© Musée Wellington – la bataille de Waterloo.

Quel public visite le musée ?

Nous attirons un public très international. En premier lieu, des Britanniques, ce qui est logique, car la victoire obtenue à la bataille de Waterloo a été l’un des événements les plus importants de leur histoire.

Des Russes viennent aussi car Napoléon est souvent évoqué dans la littérature russe. Il y a  des Français, des Belges, des gens qui viennent des Pays-Bas, d’Allemagne, des Etats-Unis, des Philippines, d'Italie… Et particulièrement beaucoup d'Espagnols parce que Wellington a également beaucoup combattu en Espagne.

Qui devrait venir plus souvent au musée, d'après vous ?

Les Belges. Le musée présente un aspect important de notre histoire. La tutelle française sous le règne de Napoléon nous a apporté beaucoup de principes juridiques et d’idées que nous utilisons encore. Ainsi nous devons aux français les unités de mesure standardisées (pensez au centimètre) et le Code Civil qui offre une approche moderne de la société.

Par ailleurs, la bataille de Waterloo a marqué la fin de l’hégémonie française sur l’Europe.

Ce bouleversement allait entraîner quinze ans plus tard l’indépendance de la Belgique.

Musée Wellington.
© Musée Wellington.

Que diriez-vous à tous les visiteurs du musée ?

Que j’espère qu’ils ont appris davantage non seulement sur l’histoire de Napoléon et de la Bataille de Waterloo mais aussi sur celle de l'Europe, de leur propre pays. Finalement, nous comprenons le présent à la lumière du passé.

Quel est votre lieu favori dans le musée ?

La cour intérieure et son canon, c’est vraiment une pièce exceptionnelle. J’aime aussi la salle où nous tenons nos expositions temporaires. Cet espace était avant une vieille salle de cinéma pleine d’histoire et de caractère. Maintenant, nous avons la chance d’y proposer des parcours temporaires créatifs. C’est vraiment intéressant d’approcher l’Histoire de cette façon.

Musée Wellington – canon.
© Musée Wellington – canon.

Quelle pièce de collection emporteriez-vous avec plaisir chez vous ?

Un de ces tambours d'époque. Dans le temps, des enfants avaient été enrôlés pour conduire les assauts au son du tambour. Ce qui nous donne l’occasion de nous en remémorer avec beaucoup d’émotion. Pour moi, si vous vous demandez pourquoi tant de gens ont continué à soutenir Napoléon, vous trouverez la réponse dans ce que les jeunes joueurs de tambours représentaient symboliquement. Avec les autres soldats de la Grande Armée, ils suivaient Napoléon qui les menait loin de leur vie quotidienne et ardue avec un objectif commun: marcher tambours battants, ensemble, avec l'Empereur pour chercher la gloire et la grandeur!

Musée Wellington – J.P. M. Jazet, dap Steuben Napoléon Ier Bonaparte.
© Musée Wellington – J.P. M. Jazet, dap Steuben Napoléon Ier Bonaparte.

Quelle a été votre exposition favorite au musée Wellington ?

‘Napoléon-Wellington, Destins croisés’. Vous pouviez découvrir des pièces exceptionnelles venant de collections étrangères, qui illustraient à merveille la vie de ces deux personnages historiques. Actuellement, je trouve encore très intéressante la réflexion sur le destin de deux caractères différents mais qui marquèrent le destin de l'humanité.

Musée Wellington – ‘Napoléon-Wellington, Destins croisés’.
© Musée Wellington – ‘Napoléon-Wellington, Destins croisés’.

Et votre musée préférée ?

Le musée Wellington. (il rit)

(rire) En effet. A part ce musée, alors ?

Je dirais Train World pour sa scénographie forte, laquelle a été conçue par François Schuiten, un grand artiste. Le lien qu’il a construit entre son œuvre et le patrimoine ferroviaire de la SNCB est pour moi une réussite. Le visiteur fait un voyage artistique à travers l’histoire des chemins de fer.

Quentin, la cour intérieure.
© Quentin, la cour intérieure.

Que pensez-vous du pass musées ?

Je le trouve intéressant. Le pass dispose d’une offre muséale diversifiée et motive les visiteurs à revenir plus souvent au musée.

Au lieu de rester à la maison si le temps est mauvais, c'est une motivation à venir découvrir de nouvelles choses avec leur pass.

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