Le Regard éloigné. Un choix dans la collection

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À travers une quinzaine d’œuvres issues de la collection du MACS, l’exposition souligne la portée critique d’une vision anthropologique qui embrasse le proche et le lointain, le familier et l’étranger, le centre et la périphérie. Par une telle variation de focale, cette optique adopte une double remise en perspective qui propose un regard à la fois décentré vers l’ailleurs et, par réflexion, distancié de lui-même, comme observé du dehors par un œil extérieur. Mettant en pratique ce que Claude Lévi-Strauss, cet « astronome des constellations humaines », appelle « le regard éloigné », il s’agit pour ces artistes de rapprocher le lointain et d’éloigner le proche, d’éclairer l’un par l’autre suivant un humanisme réformé où seraient réconciliés désormais le moderne et le traditionnel, le rationnel et le sensible, de même que le progrès et la nature. Comme l’atlas géopoétique de Marcel Broodthaers qui ramène les silhouettes de différents états à une taille identique pour créer un archipel d’altérités semblables, cette subversion des frontières implique également une lutte contre l’ethnocentrisme et le modèle impérialiste de la « conquête de l’espace ». Avec la mondialisation en toile de fond, nombre d’œuvres présentées ici mettent ainsi en lumière des minorités que l’acculturation, l’exclusion ou l’immigration affectent depuis des générations au sein de territoires souvent marqués par une histoire coloniale : des Naxi d’origine tibétaine en Chine (Emily Bates) aux Indiens d’Amérique du Nord (Jimmie Durham) en passant par les jeunes clandestins comoriens de l’île de Mayotte. Tel le Tireur d’épine de Johan Muyle, détourné de l’iconographie chrétienne en une allégorie tragique et ironique de l’expiation, l’art contemporain aurait-il la mission de nous avertir, tel l’anthropologue, du sort fatal que réserve à l’humanité ce regard qui, absorbé par le proche, aurait négligé le lointain ?


Avec des œuvres de : Adel Abdessemed, Emily Bates, Marcel Berlanger, Marie Bovo, Marcel Broodthaers, Jimmie Durham, Jot Fau, Latoya Ruby Frazier, Mekhitar Garabedian, Alexis Gautier, Laura Henno, Olivia Hernaïz, Alfredo Jaar, Tarik Kiswanson, Michaël Matthys, Johan Muyle, Emmanuelle Quertain.


Du 14.06 au 16.08 et du 06.09 au 01.11.2026


© Laura Henno

À travers une quinzaine d’œuvres issues de la collection du MACS, l’exposition souligne la portée critique d’une vision anthropologique qui embrasse le proche et le lointain, le familier et l’étranger, le centre et la périphérie. Par une telle variation de focale, cette optique adopte une double…

À travers une quinzaine d’œuvres issues de la collection du MACS, l’exposition souligne la portée critique d’une vision anthropologique qui embrasse le proche et le lointain, le familier et l’étranger, le centre et la périphérie. Par une telle variation de focale, cette optique adopte une double remise en perspective qui propose un regard à la fois décentré vers l’ailleurs et, par réflexion, distancié de lui-même, comme observé du dehors par un œil extérieur. Mettant en pratique ce que Claude Lévi-Strauss, cet « astronome des constellations humaines », appelle « le regard éloigné », il s’agit pour ces artistes de rapprocher le lointain et d’éloigner le proche, d’éclairer l’un par l’autre suivant un humanisme réformé où seraient réconciliés désormais le moderne et le traditionnel, le rationnel et le sensible, de même que le progrès et la nature. Comme l’atlas géopoétique de Marcel Broodthaers qui ramène les silhouettes de différents états à une taille identique pour créer un archipel d’altérités semblables, cette subversion des frontières implique également une lutte contre l’ethnocentrisme et le modèle impérialiste de la « conquête de l’espace ». Avec la mondialisation en toile de fond, nombre d’œuvres présentées ici mettent ainsi en lumière des minorités que l’acculturation, l’exclusion ou l’immigration affectent depuis des générations au sein de territoires souvent marqués par une histoire coloniale : des Naxi d’origine tibétaine en Chine (Emily Bates) aux Indiens d’Amérique du Nord (Jimmie Durham) en passant par les jeunes clandestins comoriens de l’île de Mayotte. Tel le Tireur d’épine de Johan Muyle, détourné de l’iconographie chrétienne en une allégorie tragique et ironique de l’expiation, l’art contemporain aurait-il la mission de nous avertir, tel l’anthropologue, du sort fatal que réserve à l’humanité ce regard qui, absorbé par le proche, aurait négligé le lointain ?


Avec des œuvres de : Adel Abdessemed, Emily Bates, Marcel Berlanger, Marie Bovo, Marcel Broodthaers, Jimmie Durham, Jot Fau, Latoya Ruby Frazier, Mekhitar Garabedian, Alexis Gautier, Laura Henno, Olivia Hernaïz, Alfredo Jaar, Tarik Kiswanson, Michaël Matthys, Johan Muyle, Emmanuelle Quertain.


Du 14.06 au 16.08 et du 06.09 au 01.11.2026


© Laura Henno

À travers une quinzaine d’œuvres issues de la collection du MACS, l’exposition souligne la portée critique d’une vision anthropologique qui embrasse le proche et le lointain, le familier et l’étranger, le centre et la périphérie. Par une telle variation de focale, cette optique adopte une double remise en perspective qui propose un regard à la fois décentré vers l’ailleurs et, par réflexion, distancié de lui-même, comme observé du dehors par un œil extérieur. Mettant en pratique ce que Claude Lévi-Strauss, cet « astronome des constellations humaines », appelle « le regard éloigné », il s’agit pour ces artistes de rapprocher le lointain et d’éloigner le proche, d’éclairer l’un par l’autre suivant un humanisme réformé où seraient réconciliés désormais le moderne et le traditionnel, le rationnel et le sensible, de même que le progrès et la nature. Comme l’atlas géopoétique de Marcel Broodthaers qui ramène les silhouettes de différents états à une taille identique pour créer …

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Locatie

MACS - Museum voor Hedendaagse Kunsten van Grand-Hornu
Rue Sainte-Louise 82
7301 Hornu
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